Hormis la non-autonomisation, la dépendance financière, le frein à l’épanouissement, l’interruption de l’éducation, l’augmentation des risques de violences domestiques, les complications de santé liées à la grossesse précoce, ainsi que la perpétuation du cycle de pauvreté et des inégalités de genre, le mariage d’enfants est également l’une des causes du cancer du col de l’utérus chez les femmes.
Dr Saran Kaba, médecin et spécialiste en santé publique, met en lumière une conséquence particulièrement alarmante du mariage précoce : le cancer du col de l’utérus. Selon elle, les femmes mariées précocement présentent un risque considérablement élevé de développer ce type de cancer.
« Sur une échelle de 1 à 10, selon les statistiques, une femme mariée précocement peut développer au 9 le cancer du col de l’utérus. Parce que, ce qu’il ne faut pas ignorer, l’une des causes du cancer du col de l’utérus est la précocité sexuelle. Donc, plus une jeune fille commence les rapports sexuels tôt, plus elle est exposée au virus du HPV, ce qui va augmenter ses taux de développer les lésions précancéreuses qui peuvent aboutir ici au cancer du col de l’utérus. »
Le HPV est reconnu comme la principale cause du cancer du col de l’utérus. Plus une jeune fille commence ses rapports sexuels tôt, plus elle est exposée à ce virus.
Selon Dr. Kaba, Le mariage précoce n’entraîne pas seulement des risques liés au cancer. Les jeunes filles mariées et enceintes tôt sont également exposées à de nombreuses autres complications médicales graves.
« Elles peuvent être exposées lors des accouchements précoces à des fistules qui peuvent entraîner vraiment des problèmes. Une communication entre les voies vaginales et les voies anales, ça fait qu’elles n’arrivent pas à retenir les selles. Il y a vraiment plusieurs maladies qui peuvent être liées à ce fléau. » a t-elle expliqué.
Le mariage d’enfants est une pratique qui cause non seulement des souffrances psychologiques et sociales, mais qui expose aussi les jeunes filles à un risque accru d’autres maladies sexuellement transmissibles, en raison de leur manque de connaissances sur la santé sexuelle et reproductive, ainsi que de l’absence de moyens de prévention.
Hawa Soumah